01 mars 2013

Le rat de ville et le rat des champs en argot par Pierre Perret et en V.O. de Jean de La Fontaine

Le rat de ville et le rat des champs

en argot par Pierre Perret


Un beau gaspard des champs qui becquetait des radis

Carottes et betteraves du lundi au sam'di

Vit un beau château-fort d'allure hospitalière

Qui devait regorger de pain et de gruyère.

Déjà, de tous ces mets qui l'ont affriadé

Les effluves parviennent à son fer à souder

Allongeant les compas vers la cité obscure

Il voit le rat des villes son compère citadin

Qui l'invite à croquer un festin d'Epicure.

Aimez-vous le gruyère, dit-il, sinon, j'ai du boudin"

Le fromgi encagé qui descend du plaftard

N'a pas le temps d'arriver, y'a un os quelque part,

C'est l'alerte qui sonne et son pote qu'a verdi

A déjà planquousé la tortore à l'abri.

Le tumulte s'apaise et nos deux gastronomes

S'apprêtent à briffer enfin le fromtegom,

Mais à peine attablés c'est encore le chambard

et voilà la bectance qui repart au plaftard.

Le rat des champs enfin trouv' complét'ment idiot

Le fromage en prison qui arrêt' pas son yo-yo

Et fuyant en courant avant d'êt siphonné

Il revient à son champ mastèguer ses navets.

Moralité :

(Je dirais malgré tout que:)

Du caviar dans l'métro à l'heure d'affluence

Vaut mieux qu'un p'tit radis machouillé dans l'silence

 

 

Parodie de Serge LLADO
d'après "Le Tord-Boyaux"
(Pierre PERRET)

L'argot de Pierre PERRET -
Lexique en chanson "à la manière de..."

MUSICIENS :

Guitare, chant : Serge LLADO
Accordéon : Jérôme GIBERT
Piano : Eric GEMSA
Basse: François PEYRATOUT
Trombone : Jean-Marc WELCH
Batterie : Alain MOTTA

Réalisation : Renée PÈRE-CHAMPAGNE
Nouveau Théâtre de Bouvard
Antenne 2 (Diffusion : 23 Juin 1987)" />

Le rat de ville et le rat des champs de Jean de La Fontaine


Autrefois le Rat de ville

Invita le Rat des champs,

D’une façon fort civile,

A des reliefs d’Ortolans.
Sur un Tapis de Turquie

Le couvert se trouva mis :

Je laisse à penser la vie

Que firent ces deux amis.

Le régal fut fort honnête,

Rien ne manquait au festin ;

Mais quelqu’un troubla la fête,

Pendant qu’ils étaient en train.
À la porte de la Salle

Ils entendirent du bruit ;

Le Rat de ville détale,

Son camarade le suit.
Le bruit cesse, on se retire :

Rats en campagne aussitôt ;

Et le citadin de dire :

Achevons tout notre rôt. 

— C’est assez, dit le rustique ;

Demain vous viendrez chez moi ;

Ce n’est pas que je me pique

De tous vos festins de Roi. 

Mais rien ne vient m’interrompre ;

Je mange tout à loisir.

Adieu donc ; fi du plaisir

Que la crainte peut corrompre.

 

 

 


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