22 mars 2013

Le chat et les deux moineaux en Argot par Pierre Perret d'après Jean de La Fontaine.

Le chat et les deux moineaux

en Argot par Pierre Perret

Vie de pacha (1)


Un greffier cassant son oeuf coque

Pour son p'tit dej' matinal

Eut comment dire un certain choc

De voir un piaf dans son casse-dalle.

Comme il avait encore trois ans

A se farcir dans sa cellotte

Le gros trouve plutôt marrant

Que césarin devienne son pote;

L'autre s'en déclare ravi

Et gazouille pour lui faire plaisir.

Mais le greffier tait son envie

Et ses boyaux poussent des soupirs.

Un jour, un deuxième moineau

Entifle à son tour dans la place

Et offre un super concerto.

Histoire de rompre

un peu la glace

Les deux piafs veulent savoir alors

Lequel des deux chante le plus fort.

Raminagrobis énervé Fatalement sortit de

ses gonds

Et dans ses perchoirs acérés

Croque d'un coup le p'tit second.

Mais dit-il, c'est qu'c'est vachement bon

C'est délicieux, même sans pain.

Et avant de digérer l'second

Il becquète aussi son p'tit copain.


Moralité:

Si t'apprivoises un crocodile

File lui des choux, des haricots,

Ca lui s'ra sûrement moins facile

De prendre tes miches pour un gigot.

 

 

Le chat et les deux moineaux de

Jean de La Fontaine

 

moineaux


A Monseigneur le Duc de Bourgogne


Un chat, contemporain d’un fort jeune moineau,

Fut logé près de lui dès l’âge du berceau :

La cage et le panier avoient mêmes pénates.

Le chat étoit souvent agacé par l’oiseau :

L’un s’escrimoit du bec, l’autre jouoit des pattes.

Ce dernier toutefois épargnoit son ami,

Ne le corrigeant qu’à demi ;

Il se fût fait un grand scrupule

D’armer de pointes sa férule.

Le passereau, moins circonspec,

Lui donnoit force coups de bec.

En sage et discrète personne,

Maître chat excusoit ces jeux ;

Entre amis il ne faut jamais qu’on s’abandonne

Aux traits d’un courroux sérieux.

Comme ils se connoissaient tous deux dès

leur bas âge,

Une longue habitude en paix les maintenoit ;

Jamais en vrai combat le jeu ne se tournoit :

Quand un moineau du voisinage

S’en vint les visiter, et se fit compagnon

Du pétulant Pierrot et du sage Raton.

Entre les deux oiseaux il arriva querelle ;

Et Raton de prendre parti.

Cet inconnu, dit-il, nous la vient donner belle,

D’insulter ainsi notre ami !

Le moineau du voisin viendra manger le nôtre !

Non, de par tous les chats !

Entrant lors au combat,

Il croque l’étranger.

Vraiment, dit maître chat,

Les moineaux ont un goût exquis et délicat !

Cette réflexion fit aussi croquer l’autre.

Quelle morale puis-je inférer de ce fait ?

Sans cela, toute fable est un oeuvre imparfait.

J’en crois voir quelques traits :

mais leur ombre m’abuse ;

Prince, vous les aurez incontinent trouvés.

Ce sont des jeux pour vous, et non point

pour ma muse.

Elle et ses soeurs n’ont pas l’esprit que

vous avez.

 

 

 


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