18 février 2013

Le lièvre et la tortue en argot par Pierre Perret en V.O. Jean de La Fontaine

photo de Pierre PerretPierre Perret

Avec Pierre Perret, les fables

de Jean de La Fontaine

en argot sont pimentées !

Le lièvre et la tortue en argot par Pierre Perret

Rien ne sert de trisser faut s'arracher à point!

Le lièvre et la tortue en savent quelque chose

Cette dernière dit au lièvre:

"Si tu l'oses Veux-tu faire la course ?

Tu ne me battras point

J'atteindrai le poteau qu'tu aperçois là-bas

Avant que tes baccchantes en aient frôlé le bois"

Il faut te faire soigner, dit l'autre fanfaron,

Et n'aurais-tu pas une araignée dans l'plafond ?

Une araignée ou pas je parierai encore,

Dit la tortue pensant qu'le vantad avait tort.

Jouant un camembert contre dix-huit carottes

La tortue entreprit de descendre la côté.

Avoir se dandiner cette vieille fêlée

Le lièvre se poilait du haut de la colline

Il aurait tout loisir de voir à la télé

Les films de Charlot et ceux de Marilyn,

Il matait tranquillement "Tarzan à Bornéo"

Quand la tortue fonçant à dix-huit mètres à l'heure

Avec des crampes aux cuisses approchait du poteau

Le prétentiart alors partit à cent à l'heure.

Il était cependant trop tard, c'était perdu

Et la tortue déjà lui réclamait son dû

Honteux de s'être fait berner tel un mille-pattes

Il admit qu'la tortue l'emportait haut-la-patte !

 


Moralité: Si t'as envie, bonhomme, d'êtr' le premier

partout

Y'a pas qu'les moltegommes, y faut avoir du chou !

Le lièvre et la tortue de Jean de La Fontaine


Rien ne sert de courir, il faut partir à point :

Le lièvre et la tortue en sont un témoignage.
Gageons, dit celle-ci, que vous n’atteindrez point

Sitôt que moi ce but. - Sitôt ? êtes vous sage ?

Repartit l’animal léger.

Ma commère, il vous faut purger

Avec quatre grains d’ellébore.

- Sage ou non, je parie encore.

Ainsi fut fait ; et de tous deux

On mit près du but les enjeux.

Savoir quoi, ce n’est pas l’affaire,

Ni de quel juge l’on convint.

Notre lièvre n’avait que quatre pas à faire ;

J’entends de ceux qu’il fait lorsque, prêt d’être

atteint,

Il s’éloigne des chiens, les renvoie aux calendes,

Et leur fait arpenter les landes.

Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter,

Pour dormir, et pour écouter

D’où vient le vent, il laisse la tortue

Aller son train de sénateur.

Elle part, elle s’évertue ;

Elle se hâte avec lenteur.

Lui cependant méprise une telle victoire,

Tient la gageure à peu de gloire,

Croit qu’il y va de son honneur

De partir tard. Il broute, il se repose ;

Il s’amuse à toute autre chose

Qu’à la gageure.

À la fin quand il vit

Que l’autre touchait presque au bout de la carrière,

Il partit comme un trait ; mais les élans qu’il fit

Furent vains : la tortue arriva la première.
Eh bien, lui cria-t-elle, avais-je pas raison ?

De quoi vous sert votre vitesse ?

Moi l’emporter ! et que serait-ce

Si vous portiez une maison ?



   

 


Commentaires sur Le lièvre et la tortue en argot par Pierre Perret en V.O. Jean de La Fontaine

  • TRES DROLES , revue et corrige des fables de la fontaines
    amitie bertrand

    Posté par bertrand, 18 mars 2013 à 23:38 | | Répondre
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