12 février 2013

La laitière et le pot au lait en argot par Pierre Perret V.O. de Jean de La Fontaine

La laitière et le pot au lait en argot par Pierre Perret

Perrette, une belle enfant, sur la route fleurie

Allait un gros bidon sur son p'tit caberlot

Proposer son lolo aux bouseux du pays.

Ses tresses violettes, Sa jupe d'un beau vert

Sa jolie trottinette Jetaient un jus d'enfer.

Elle gambergeait déjà que son lolo vendu

Lui paie dix douzaines d'oeufs et sans doute un peu plus

Pourquoi pas des poulets, se disait la donzelle

Et même si le renard m'étouffe deux trois chapons

En vendant ceux qui restent j'achèterai un cochon

Ca becquette trois fois rien, ça fait un tas de lard

J'aurais, le revendant, du blé plein mes tiroirs.

Et qui qui va s'payer avec tout cet artiche

Une vache et puis son veau

Que j'entends gazouiller déjà dans mon enclos ?

Cherchez pas, c'est bibiche.

Là-dessus, la môme Perrette

S'emmêle la trottinette

V'là tout le jus d'loloches

Qui se fait la valoche...

L'histoire fit marrer les pecquenots

On l'appela la môme Lolo.


Moralité:

Ca n'est pas de rêver dont il faut se méfier

Les cochons, les couvées sont pas bien dangereux

Non, quand tu prends la route, faut toujours vérifier

S'y a pas un con en face et la pression des pneus !

Pierre_Perret

La laitière et le pot au lait de Jean de La Fontaine

Perrette sur sa tête ayant un Pot au lait

Bien posé sur un coussinet,

Prétendait arriver sans encombre à la ville.

Légère et court vêtue elle allait à grands pas ;

Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile

Cotillon simple, et souliers plats.

Notre Laitière ainsi troussée

Comptait déjà dans sa pensée

Tout le prix de son lait, en employait l’argent,

Achetait un cent d’œufs, faisait triple couvée ;

La chose allait à bien par son soin diligent.

« Il m’est, disait-elle, facile

D’élever des poulets autour de ma maison :

Le Renard sera bien habile,

S’il ne m’en laisse assez pour avoir un cochon.

Le porc à s’engraisser coûtera peu de son ;

Il était quand je l’eus de grosseur raisonnable ;

J’aurai le revendant de l’argent bel et bon ;

Et qui m’empêchera de mettre en notre étable,

Vu le prix dont il est, une vache et son veau,

Que je verrai sauter au milieu du troupeau ? »

Perrette là-dessus saute aussi, transportée.

Le lait tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée ;

La Dame de ces biens, quittant d’un œil marri

Sa fortune ainsi répandue,

Va s’excuser à son mari

En grand danger d’être battue.

Le récit en farce en fut fait ;

On l’appela le Pot au lait.
Quel esprit ne bat la campagne ?

Qui ne fait châteaux en Espagne ?

Picrochole, Pyrrhus, la Laitière, enfin tous,

Autant les sages que les fous ?

Chacun songe en veillant, il n’est rien de plus doux :

Une flatteuse erreur emporte alors nos âmes :

Tout le bien du monde est à nous,

Tous les honneurs, toutes les femmes.

Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi ;

Je m’écarte, je vais détrôner le Sophi ;

On m’élit roi, mon peuple m’aime ;

Les diadèmes vont sur ma tête pleuvant :

Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même ;

Je suis gros Jean comme devant.


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